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Gethsémani. 21/12/1965

Publié le par Jack Chevalier Rouvray

Gethsémani ! Fortifie-moi, ô toi mon Père !

Je me tiens seul, ici, agenouillé sur l'aire ;

Ils dorment tous, pas même à un jet de pierre.

Moi je suis là, les mains, le front dans la poussière.

Père, si tu voulais ôter de moi cette coupe...

Regarde ma frayeur, je suis en proie au doute,

Mon Dieu, mon Dieu ! Est-il vraiment nécessaire

Que je porte moi seul le péché de la terre ?

Et voici, mon âme est triste jusqu'à la mort...

Qui m'aidera ?...

- Toujours séchant pleurs et larmes,

Marchant et prêchant, dissipant les alarmes,

J'ai apporté la vie, plus précieuse que l'or ;

Sans jamais un lieu où reposer ma tête,

Dans le vent, la pluie, la grêle ou la tempête,

Souffrant l'opprobre, le rejet, l'incompréhension,

Pleurant parfois, toujours ému de compassion,

J'ai guéri, sauvé, aimé, sorti les pécheurs

De ce bourbier de haine où s'enlisaient leurs cœurs.

Et j'ai parlé, tantôt avec autorité,

Aux vendeurs dans le temple qui faisaient leur marché,

Aux lâches pharisiens qui voulaient m'éprouver ;

Tantôt avec douceur, aux brebis retrouvées,

Aux pécheurs repentants, implorant ma bonté,

A mon ami Lazare, que j'ai ressuscité...

Et souvent j'étais seul, avec toi ô mon Père,

Sur la montagne, alors que baissait la lumière,

Le soir priant, la nuit priant, à l'aube priant...

- Que font mes disciples ? Ils dorment profondément.

Est-il possible que cette coupe s'éloigne de moi ?

Cette coupe amère, ce calice de fiel,

Ce vase de douleurs est réservé pour moi.

Y trouverai-je aussi une goutte de miel ?

L'heure approche, l'aube se lève, voici le soleil.

Que faire ? Que te dire ô mon céleste Dieu ?

- Mon front se relève, j'ai vaincu ! Je vois les cieux !

Merci Seigneur, oui que ta volonté soit faite.

Quelle lutte ! J'ai sué des grumeaux de sang,

Qui tombant de mon corps, qui tombant de ma tête,

Dans mon agonie ont perlé abondamment.

Sans toi, mon Dieu, sans toi je m'effondrais perdu.

Mais un ange, en descendant du ciel, est venu

Pour me fortifier, et pour me relever.

Cette goutte de miel, maintenant je la vois,

C'est l'amour de mon Père, par la mort de la croix.

Je vais mourir ? oui ! Mais pour mieux sauver.

Par amour pour les hommes, non pour les condamner,

Par amour, même pour celui qui va me trahir ;

Non pour les condamner, mais pour les secourir !

Je me livre, en victime expiatoire,

Comme un agneau prêt pour l'abattoir.

Dans quelques heures devant le Sanhédrin,

Je serai...Dieu ! Donne-moi ton secours divin !

Réveillez-vous, mes disciples, car voici l'heure.

Vous ne m'avez pas aidé dans mes angoisses.

Non, vous dormiez, vous n'avez pu veiller une heure !

Mais je vous pardonne, comme au monde je fais grâce.

Levez-vous et priez... Chassez votre tristesse...

Mais voici la foule, et Judas qui me livre,

Marche devant elle...

- A toi, ô Dieu, pour mourir et pour vivre !

JC, 16 ans

Gethsémani. 21/12/1965

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