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Google emperor ?

Publié le par Jack Chevalier Rouvray

Sacré Google : non content de travailler à ce que l’espérance de vie humaine atteigne 130 ans, le voici qui s’associe au Centre National d’Etudes Spatiales pour un nouveau projet ‘visionnaire’. De quoi s’agit-il? D’envoyer dans la stratosphère d’énormes ballons qui serviront de relais pour que tout le monde ait Internet, même dans les coins les plus reculés de la planète.

Comme l’explique Jean-Yves Le Gall, président du CNES, « plus de 5 milliards d'êtres humains ne sont pas connectés. L'objectif des 'Gafa' (Google, Amazon, Facebook, Apple) est de connecter tout le monde ». Imaginez : cinq milliards de consommateurs qui dorment et qui ne se doutent même pas qu’au lieu de vivre leur petite vie offline et low-tech, ces gros nases, ils pourraient faire des recherches sur Google pour liker des trucs sur Facebook et les acheter ensuite sur Amazon depuis leur ordinateur Apple… Cinq milliards d’insectes qui ne sont pas encore pris dans la toile et qu’on entend bien cerner pour les engourdir dans des cocons de soie…

La démarche n’a certes rien d’étonnant de la part d’un Google, mais on se demande bien ce que le CNES, a priori sous tutelle de l’état, vient faire là-dedans. On se demande surtout s’il ne se trouvait aucun historien, anthropologue ou ethnologue pour expliquer à Jean-Yves Le Gall que le projet Loon sent à plein nez l’impérialisme de la grande époque. Pourquoi? Parce qu’il se fait pour le plus grand bien de 5 milliards de personnes qui, me semble-t-il, n’ont rien demandé, ou alors extrêmement discrètement. Parce que je ne suis pas sûr, par exemple, que Wikipedia, Twitter, YouPorn ou Audiofanzine manquent au bonheur des touaregs. Parce que c’est enfin toujours de la sorte qu’on s’y est pris pour asphyxier des cultures ou éteindre des civilisations, avec la certitude arrogante que nos progrès devaient être partagés par tous : hier on donnait de l’alcool et des casinos aux Indiens d’Amérique, on distribuait des sesterces aux Gaulois, on convertissait des Péruviens au christianisme ou on installait une télé dans une hutte en pleine forêt Amazonienne. Aujourd’hui, on lance des ballons pour faire pleuvoir l’information, avec Google pour veiller à la qualité de l’eau qui irriguera ces terres arides. Il n’y aura évidemment aucune obligation pour quiconque de se connecter, argumentera benoîtement Jean-Yves. Certes Jean-Yves, certes. De même qu’il n’y a aucune obligation de boire une bouteille posée opportunément au beau milieu d’une table. Ni de goûter au fruit de l’arbre de la connaissance planté au beau milieu d'un jardin. En revanche, la seule obligation évidente, c’est d’envisager un minimum la portée d’un projet à plus ou moins long terme lorsqu’on deale avec une multinationale de ce calibre.

Los Teignos

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